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Une plateforme unique pour les numéros d'urgence va être expérimentée dès 2022, annonce Macron

Emmanuel Macron a annoncé ce samedi qu'une plateforme unique pour les numéros d'urgence allait être expérimentée dès 2022.


Dès début 2022, une plateforme unique rassemblant tous les appels aux numéros d'urgence sera expérimentée, pendant deux ans, pour évaluer la "méthode la plus efficace", a annoncé Emmanuel Macron samedi à Marseille au congrès des pompiers de France. En annonçant cette expérimentation pour regrouper les appels vers le 15, le 17 et le 18, le président acte ainsi par avance une disposition phare de la proposition de loi Matras en passe d'être adoptée au Parlement. "Dans notre pays qui adore les débats théoriques", a décrit le président, "nous allons essayer le chemin du pragmatisme, et peut-être que nous inventerons collectivement une solution à laquelle nous n'avions pas pensé".



  • En quoi consiste l'expérimentation ?


Trois types de plateformes regroupant numéros d'urgence et permanence des soins" seront testés, "pour améliorer la prise en charge des victimes", et ce "dès le début de l'année prochaine", a insisté le chef de l'Etat samedi à Marseille, au lendemain d'une manifestation des sapeurs-pompiers à Paris pour obtenir davantage de moyens.

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Concrètement, sera testée une plateforme unique où arriveront les appels au 15 (Samu), au 17 (police-secours) et au 18 (sapeurs-pompiers) ; une autre uniquement pour les appels au 15 et au 18 ; et une troisième regroupant les appels au 15 et aux urgences médicales. Mais la transition devrait se faire en douceur, les anciens numéros ne sont pas amenés à disparaître.


  • Quel est l'objectif ?


L'objectif est d'envoyer aux appelants les secours les plus adaptés et le plus vite possible, sachant que plusieurs pays européens ont déjà regroupé les appels au secours dans un numéro unique, le 112. L'Espagne, le Portugal, le Luxembourg, les Pays-Bas, les pays baltes, le Danemark, la Suède et la Finlande ont déjà mis en place le dispositif de numéro unique. "Le seul objectif est l'amélioration de la prise en charge des victimes, ensemble, rouges et blancs", a déclaré le Président de la République, en référence aux pompiers et aux personnels de santé. À noter que le projet est dans les tuyaux depuis un certain temps.


  • Qui est concerné ?


L'expérimentation sera menée dans "une zone de défense", a indiqué Emmanuel Macron, soit "une grande région". A son terme, "nous évaluerons méthodiquement quelle est la méthode la plus efficace", en termes de "temps de réponse et de qualité de l'accompagnement des usagers" notamment.

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Selon des informations de France Bleu Provence, les Bouches-du-Rhône devraient tester le numéro d'urgence unique en 2024. Pour porter assistance aux personnes, 70 à 80 personnes répondront aux appels sur une plate-forme téléphonique. "Il va y avoir un mix des personnes associées au numéro, on met des opérateurs des trois services, police, pompiers, Samu. Il y aura deux niveaux de décrochés, une orientation selon le domaine de l'appel et une priorisation selon l'urgence. Ce sera les mêmes personnes au téléphone que lorsqu'on tape les anciens numéros, mais dans une organisation différente", rassure Patrick Hertgen dans Le Parisien.


  • Qu'en pensent les sapeurs-pompiers et le Samu ?


Dans un communiqué, la fédération des sapeurs-pompiers a dit attendre "que cette expérimentation débouche sur la mise en place du 112, numéro européen d'appel d'urgence, comme numéro unique, complété d'un numéro d'accès aux soins non urgents, le 116 117, numéro européen utilisé depuis 2017 par trois régions françaises, géré par les Samu et les médecins libéraux". En effet, les pompiers défendent la mise en place d'un numéro unique afin de voir les appels inutiles diminuer. De leurs côtés, les urgentistes craignent en revanche une saturation de leurs services et une "perte de chance" pour les patients.

Des soignants du Samu ont exprimé leur mécontentement devant l'Assemblée nationale début octobre. Par ailleurs, la Fédération hospitalière de France (FHF) abonde en ce sens déclarant dans un communiqué que le "numéro unique" pourrait "entrer en contradiction directe" avec le "service d'accès aux soins", qui associe médecins libéraux et hospitaliers. Les urgentistes appellent à la mise en place d'un numéro d'urgence dédié aux problèmes de santé, le 113, qui viendrait remplacer ceux existants, à côté d'un second numéro d'urgence, le 112, réservé aux demandes de secours et de sécurité.




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